Yaoundé express

Un moment que je n’étais pas venue par ici…Et pour cause, je vous ai lâchement abandonné pour retourner à Yaoundé ! Un voyage court mais Ô combien intense, puisque mon frère se mariait-le premier de la fratrie à convoler, ce n’est pas rien !-et j’ai pu faire découvrir d’où je viens à mon homme. J’ai l’impression d’avoir vécu un milliard de choses lors de ce voyage et j’aurais tellement de choses à raconter que je ne sais pas par où commencer. Le mariage au Cameroun chez les betis (ethnie du centre) se passe en plusieurs étapes : la demande de main , la cérémonie de la remise de dot, le passage devant le maire (puis à Église pour ceux qui veulent) et enfin le mariage traditionnel qui se déroule dans le village du marié. Toute ma famille au complet (ou presque) a contribué à ce que cet évènement soit un véritable succès. Magique ! L’Homme s’est vraiment senti privilégié de vivre ça. Et moi donc !

L’Homme étant arrivé sur place avant moi a eu le loisir de visiter quelques coins emblématiques de la ville  dite "aux sept collines" (bien qu’elle en compte plus) sans moi, guidé par les hommes de la familles après avoir relevé quelques recommandationS dans son country guide Petit Futé. Cette période de l’année correspond à ce que les habitants appellent la "petite saison des pluies", qui correspond environ aux trois mois (de juin à septembre) qui précèdent la saison des pluies à proprement parler. Le temps est chaud mais l’on dépasse rarement les 25°C, humide et les averses quasi quotidiennes. C’est la période que beaucoup préfèrent à la chaleur assommante qui peut régner en saison sèche. Malheureusement cette période est également la moins propice aux voyage dans certaines zones du pays où le temps est carrément à l’orage quasi quotidien. Ainsi l’Homme a du renoncer à son projet tant attendu d’ascension du Mont Cameroun et nous avons préféré ne pas tenter la côte.

Qu’à cela ne tienne, nous avions fort à faire avec toutes ces festivitéS et Yaoundé est une ville qui ne manque pas de détours. Ni de sommets du reste, puisqu’il a fallu à l’Homme accompagné de deux guides chevronnés, un peu plus d’une heure pour atteindre le sommet du Mont Eloumden (1159m), l’une des "sept collines". Verdict : "dépaysant !" Même si au sommet déception de ne pas avoir une vue de la ville en raison des gros nuages gris omniprésents à cette période.

Moi je suis arrivée après toutes ces sensations fortes et j’ai souhaité (re)vivre des choses un peu plus…Humm comment vous dire…ORDINAIRES ! Bah oui quoi, participer à l’organisation d’un mariage de 600 personnes c’est déjà du sport, alors j’ai suggéré à ma moitié de lui faire découvrir des sensations plus douces mais non moins inoubliables de notre chère capitale.

Pour cela, rien de tel que d’emprunter l’un des taxis aux devises judéo-chrétiennes imprimées sur les pare-choc (un véritable concours de maximes je vous dit !) ! Vous demandez "une course" et vous avez votre chauffeur pour la journée, qui en général se fera un plaisir de compléter vos visites d’anecdotes souvent indispensables à la compréhension de ce qui apparaît pour tout habitant de pays développé (et non pas en "voie de "), comme une véritable JUNGLE URBAINE !

Tenez en parlant de jungle, le Petit Futé s’est bien gardé de mentionner la visite du Jardin  Zoologique de Mvog-Besti dans les indispensables de la la capitale ! Le lieu n’est pas immense, mais il est aménagé de manière à ce que chaque espèce soit dans son environnement naturel. On y trouve des primates ( Chimpanzés, Mandrills, Drills, Singes verts etc.), des mammifères (l’effrayante Hyène-brrrrr-Une Gazelle, des Porcs-épics…) des reptiles (Crocodile, Tortues, Vipère, Pythons, Cobras et tous les trucs de la sorte que j’aime pas !), des oiseaux (Perroquets, Aigles- Cigognes, Canards sauvages, Autruches..), sans oublier le couple royal, les rois de la jungle et leur progéniture !!! Tous ces animaux proviennent des quatre coins du Cameroun.

Le jardin présente également un véritable intérêt botanique (mais nous n’avons malheureusement pas pu bénéficier de guide dans ce sens) car il renferme des essences forestières exceptionnelles, ne serait-ce qu’à vue d’oeil, mais également des essences ornementales et fruitières.

Après le Zoo direction le quartier de la Briqueterie, dit "La Brique",habité en majorité par la communauté musulmane et réputé pour ses brochettes de viande que l’on appelle communément Soya. La viande ( Beauf, Mouton, Zebu, Chèvre) est mise en brochette et grillée sous les yeux des gourmands. On mange sur place ou à emporter, en oubliant surtout pas le poivre camerounais (l’un des meilleur au monde !) ou le piment en poudre !

Ensuite visite du monument de la réunification qui symbolise l’histoire de la formation du Cameroun. C’est LE monument de cartes postales. Pour la petite histoire : en 1961 le Southern Cameroon (sous mandat britannique)et le Cameroun oriental ou Cameroun français furent (partie de l’ancienne colonie allemande administrée par la France de 1916 à 1960) réunifiés pour donner naissance à la République fédérale du Cameroun. Cette dernière disparaitra à l’issue du referendum de mai 1972 pour laisser place à la République Unie du Cameroun(pour en savoir plus). Ces mutations ne se firent pas sans heurt…C’est à cette occasion qu’est alors érigé à Yaoundé ce monument oeuvre de l’architecte français Salomon, du sculpteur camerounais Gédéon Mpando et du père jésuite Engelbert Mveng. Le monument représente au premier plan un vieil homme avec 5enfants dans les bras, brandissant le flambeau national symbole de la liberté. Si on regarde la sculpture de profil sur la gauche on peut reconnaitre les contours de la carte du Cameroun.

Je ne pourrais pas vous parler de Yaoundé sans vous donner au moins une adresse gourmande et pas des moindre puisqu’on y sert le meilleur poulet DG que j’ai mangé de ma vie. Du poulet, des légumes frais, des bananes plantain, le tout relevé d’épices, que demandez de plus ? Demandez au taxi Parallèle Club, Mballa II (à l’entrée de la CRTV), à toute heure de la journée, vous y serez bien reçus (mais allez-y le soir pour l’ambiance musicale) ! ( Et si d’ordinaire vous souhaitez essayer à la maison, voici une recette facile à suivre)

Par bonheur, le village de mon père ne se trouve qu’à 25min de Yaoundé donc nous pouvons y faire un saut chaque fois que cela nous chante. L’occasion pour mon père de nous faire une visite guidée de sa cacaoyère et de nous donner un véritable cours sur la plantation du cacao, les différentes variétés etc. L’homme a ainsi pu goûter la fraîcheur et la subtilité de la pulpe de cacao. Une vraie douceur que l’on boulotte comme des bonbons.

Vous l’aurez compris, le Cameroun et moi c’est une grande histoire d’amour qui dure depuis 1993 ! Impossible de vivre à mes côtés plusieurs années sans souhaiter le découvrir tant j’en fait l’éloge.

Alors oui, tout n’y est pas parfait, il y aurait énormément de choses à améliorer/endiguer pour que chacun puisse s’y sentir bien et libre de s’y accomplir, mais cela viendra. A la question de savoir quand et comment, je reste persuadée que chaque individu qui souhaite le changement  doit d’abord incarner lui-même ce changement :  Be the change you want to see in the world.Mahatma Gandhi

En somme je préfère agir que de me perdre en conjonctures.

Je vais maintenant devoir attendre encore un peu pour retrouver le berceau de mes ancêtres (snif).

J’espère que la ballade vous a plu :)

La vie de Quat

Le Quat (prononcez "Kwat"), c’est ainsi que l’on appelle le quartier au Cameroun.

L’afflux massif de populations des villages vers les grandes villles ces dernières années a conduit à une certaine homogénéisation des différents quartiers de la ville. Alors que chacun avait ses spécificités, aujourd’hui, hormis certains quartiers huppés, les zones avoisinant le centre ville et quelques quartiers comme celui de la cité verte ou de la briqueterie, tous les quartiers ont à peu près la même physionomie.

A l’intérieur, la vie s’organise autour des commerces de proximités vendant essentiellement des denrées alimentaires locales. La société de consommation se développant aussi rapidement que la démographie à Yaoundé, les vendeurs à la sauvette se sont peu à peu éloignés du centre ville et des grands marché, pour sillonner les quartier, portant sur la tête tantôt de quoi grignoter, tantôt de quoi déjeuner ou même se vêtir.

C’est ainsi que dans certains quartiers de la ville, des marchés informels ont vu le jour et les commerces bâtis en dur avec des normes architecturale plus ou moins correctes ont vu pousser à côtés d’eux comme des champignons des cabanons faits de planches et de tôle qui abritent selon les besoins, une petite épicerie ou un salon de coiffure. Ceux qui n’ont pas les moyens de louer ces "locaux" pour le moins rudimentaires, se contentent d’un banc et d’un parasol sur les branches duquel ils peuvent entreposer des cigarettes, des cartes téléphoniques … des condoms (au Cameroun on ne dit pas préservatif ) etc.

Le commerce le plus prépondérant au Quat et sans doute le plus florissant est le bar. Alimenté tous les jours par les Brasseries du Cameroun, on y trouve des bières de fabrication locales, quelques références internationales et des softs locaux comme les sodas ultra sucrés et bourrés de colorants TOP (grenadine, citron, orange, champagne, ananas) ou Djino cocktail de fruits (Mon favoris lorsque j’étais plus jeune mais aujourd’hui le taux de sucre a du doubler tant il est devenu sirupeux). Il y servent aussi les classiques de Coca Cola Compagnie.

Plutôt discrets le jour, le bar et ses fidèles s’anime dès que le soleil rejoint sa tanière. Les bouteilles claques, la musique Bikusti résonne dans des baffles et certains habitués ont la hardiesse s’esquisser quelques pas de danses. Tout cela est plutôt enfant, il est extrêmement rare que ça tourne au vinaigre. Le bar est avant tout un lieu de rassemblement.

A proximité du bar se trouve très souvent la vendeuse de Poisson braisé et celle de beignets. Assises sur leur petits tabourets, elles s’affairent à l’aide d’éventails autour du petit réchaud destiné à accueillir tantôt une grille pour cuir au charbons ardents les morceaux de maquereau qui ont marinés toute la journée dans des aromates et l’indispensable cube Maggi; tantôt une friteuse en alu qui cajole les ronds de pâte à beignets que la femme dépose délicatement dans l’huile sans jamais se brûler. Elles sont ultra concentrées, donc le temps d’attente est plutôt raisonnable. Mais de temps à autre elles se laissent distraire par un client un peu éméché. Si c’est votre tour d’être servi, vous pouvez les rappeler efficacement à l’ordre par un "Asso c’est comment non ?".

Il existe  trois types de transports en commun pour circuler à Yaoundé : les taxis, les motos-taxi et le bus. Ce dernier moyen est encore à l’état très empirique. Les taxis sont nombreux et les normes de sécurité étant quasiment inexistantes, si on est prudent et si l’on souhaite un peu de confort, il vaut mieux prendre une "course". Le taxi vous dépose alors à la destination que vous lui avez indiqué sans prendre d’autres clients (comme ici). Cela a bien entendu un coût que vous fixerez avec le chauffeur : le client "propose" et le chauffeur dispose…Ou pas. Sinon le tarif réglementaire minimum est de 200 FCFA.

Les motos-taxis sont moins chers et a donc prisés des petites bourses. Présents uniquement dans quelques villes du Cameroun au départ, leur nombre a littéralement explosé (démographie oblige), au point que les autorités leur ont interdit l’accès du centre ville.  Il faut tout de même être un brin habitué de la chose ou casse-cou pour s’y aventurer, certains allant même jusqu’à prendre deux passagers.

Les Quat étant de plus en plus peuplé, les échanges entre les individus sont devenus au fil du temps quasi exclusivement commerciaux.

De plus le fossé entre les très riches et les très pauvres s’étant considérablement creusé, il est fréquent que de véritables châteaux côtoient des maisonnettes en terre battue proches de la ruine. Vous conviendrez que cela ne favorise pas les échanges.

Je pense que c’est la chose qui me peine le plus dans cette ville où il y a encore tant de choses à faire pour le mieux vivre ensemble. En attendant que les choses ailles mieux, la vie suit son cours dans les rues de Yaoundé, lentement, mais surement.

La prochaine fois je vous parlerai de Yaoundé la capitale, en partant du centre ville et ses principales artères. Vous verrez, c’est passionnant :)

Summer Break

Comme j’affectionne ces moments où l’on perd complètement la notion du temps et où on se laisse porter par ses envies. Cet état de plénitude que l’on ressent alors ne peut être complet et durable que si on s’éloigne un peu de son quotidien, de son environnement dont on réalise soudain qu’il est tout sauf naturel. Je ne pouvais rêver meilleur cocon que le Cameroun et plus précisément la maison où j’ai grandi (les rues de Yaoundé sont loin d’être un long fleuve tranquille).

Ce qui frappe dans la maison familiale et qui plait toujours au visiteurs c’est cette profusion de plantes et de fleurs, des végétaux qui semblent avoir pris possession de la concession. Je crois que la seule chose que je n’ai pas hérité de ma mère et que je pleure tous les jours est sa main verte. Elle s’appelle Rose, cela ne s’invente pas.

Alors elle jardine, sans relâche pour fournir à ses hôtes ce cadre ultra verdoyant , si relaxant, complétement apaisant.

En ce moment au Cameroun c’est la petite saison des pluies donc il pleut pratiquement tous les jours, pendant quelques heures, puis la chaleur reprend ses droits. Des conditions idéales pour la végétation.

Du coup la majeure partie de notre temps dehors. A tous les repas pour les autres et pour moi pour lire, me faire les ongles, méditer en regardant les chiens se chamailler, les lézards se dorer la pilules et les caméléons se fondre inlassablement dans le paysage.

Lorsque j’étais plus jeune il y avait dans la cour un citronnier et donc tous les week-ends des pâtisseries où le citron tenait le rôle principal sur la table de la cuisine. Le problème c’était les fourmis.

Plus de citrons dans la cour, mais j’ai profité de ce court séjour pour faire le plein de fruits. Dès le petit déjeuner et tout au long de la journée je me suis gorgée de mangues, ananas (ma mère fait le meilleur jus du monde !), papaye, oranges (qui ne sont pas oranges, mais 4fois plus juteuses et toujours sucrées contrairement à celles d’Espagne ou de Floride), pamplemousses et d’autres fruits encore dont j ne connais pas le nom en français et je ne suis pas sure de l’orthographe en patois. Seul le corossol m’a manqué. Pas encore la saison donc lorsque j’y retourne je fais un carnage !

Un break  ultra ressourçant dont j’avais bien besoin !