Made In South Africa

IMG_0008-001L’Afrique du sud est l’un des pays que j’aimerais visiter et ceci depuis ma plus tendre enfance. Ce rêve est entretenu par des lectures, des objets sur lesquels je craque et autant de voyages virtuels qui me confortent dans cette envie.

Dernier coup de cœur Made In South Africa : ces animaux de décoration faits de fils métallique et de perles, qui jonchent les tables du restaurant My Food Montreuil dont je vous présentais le brunch hier sur Afrosomething.

Je n’ai pas eu le temps de véritablement discuter avec le proprio au sujet de ces objets, mais ils sont de fabrication artisanale et on en trouve certainement à tous les coins de rues.

C’est que les artistes Sud Africains sont passés maîtres dans l’art de la récupération et je suis complètement fan de cette "politique de gestion des restes", comme j’aime à dire en cuisine, appliquée à la déco.

Il y avait déjà les poupées Ndebele, j’ajoute à ma Wish List déco sud africaine, l’un (ou plus hein, ne soyons pas exclusifs) de ces animaux perlés.

Si vous avez des pistes, ou si vous comptez aller en Afrique du Sud prochainement, je compte sur votre bon cœur :)

Best of june

Quand on vit au milieu des roses on en prend malgré soi le parfum.

Mon mois de juin fut riche en rebondissements et regardant en arrière, je me demande sincèrement où est-ce que j’ai trouvé toute cette énergie !

Il faut dire que je suis entourée de personnes vraiment formidables qui sont le carburant de ma vie.

Pêle-mêle, en juin j’ai :

Embarqué les copines Gaëlle et Fatou pour un évènement inédit : Le Vide Dressing Shopping&Gourmandises. Comme toujours lorsque nous organisons des évènements, chaque membre de l’équipe donne de son temps et de son talent afin que nous puissions offrir le meilleur à nos lecteurs !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi Laureen s’est attelée à construire non seulement l’identité visuelle de l’évènement, mais également fabriquer des éléments de décoration et ceci juste quelques jours avant qu’elle s’envole pour NYC ! Cette fille est extra ! Comme pour la soirée Afrosomething, je lui avais fait part de mes envies par mail et elle m’a proposé ce thème girly autour du jaune que j’aime tant.

Je n’ai plus eu alors qu’à suivre cette trame pour peaufiner la déco et établir mon menu. Ma chère Natiaa n’étant pas disponible, j’ai composé le menu du goûter seule et me suis vraiment fait plaisir en cuisine ! Dès la veille, Estee et Audrey étaient sur le pied de guerre pour la disposition de la déco et bien entendu Fatou et Gaëlle pour superviser tout cela, fixer des ballons, ranger, disposer etc.

Le jour J, les filles ont été extra ! J’ai particulièrement aimé la bonne humeur apportée par les vendeuses dont Diane Audrey et Dominique-Une ambiance parfaitement retranscrites dans les photos de Agy (<3)-et nous sommes vraiment ravies d’avoir pu fournir un évènement qui a plu ! Nous aussi nous en redemandons déjà !

Le lendemain Miss Natiaa et moi-même étions invitées à assister aux ateliers culinaires organisés par l’asso Zantilop. J’avais pour ma part opté pour la cuisine douceur de Pamela auteure du blog Blossom’s Pie. J’aime beaucoup ses recettes à tendance américaine mais pas que. Sa générosité, sa douceur et sa précision sans que ça devienne prise de tête. Le prof parfait quoi ! Nous nous régalés et même si elle n’a pas su me convertir aux cupcakes, je suis repartie avec plein d’astuces ! Les organisateurs avaient eu la bonne idée de proposer un coin biblio culinaire avec une profusion d’ouvrages et j’ai eu du mal à me décider mais j’ai finalement tranché.

Juste le temps de me remettre de toutes ces émotions (on ne vous dit pas tout ! lol) que je me retrouvais dans l’avion pour Yaoundé ou j’ai passé 10jours en immersion, même si le netbook et Afrosomething n’étaient jamais loin. Et puis en juin il n’ y a pas eu que le  rush et les échéances, quelques moments de détente passés à la maison à déguster tantôt une tartelette aux fraises et pistaches (Miam),  tantôt un hot dog préparé par l’homme, et des DVD dont Alien  que je voulais absolument revoir ! Le théâtre aussi il y a quelques jours avec ce magnifique Feydeau à la Comédie française que je vous recommande vivement :D

La vie de Quat

Le Quat (prononcez "Kwat"), c’est ainsi que l’on appelle le quartier au Cameroun.

L’afflux massif de populations des villages vers les grandes villles ces dernières années a conduit à une certaine homogénéisation des différents quartiers de la ville. Alors que chacun avait ses spécificités, aujourd’hui, hormis certains quartiers huppés, les zones avoisinant le centre ville et quelques quartiers comme celui de la cité verte ou de la briqueterie, tous les quartiers ont à peu près la même physionomie.

A l’intérieur, la vie s’organise autour des commerces de proximités vendant essentiellement des denrées alimentaires locales. La société de consommation se développant aussi rapidement que la démographie à Yaoundé, les vendeurs à la sauvette se sont peu à peu éloignés du centre ville et des grands marché, pour sillonner les quartier, portant sur la tête tantôt de quoi grignoter, tantôt de quoi déjeuner ou même se vêtir.

C’est ainsi que dans certains quartiers de la ville, des marchés informels ont vu le jour et les commerces bâtis en dur avec des normes architecturale plus ou moins correctes ont vu pousser à côtés d’eux comme des champignons des cabanons faits de planches et de tôle qui abritent selon les besoins, une petite épicerie ou un salon de coiffure. Ceux qui n’ont pas les moyens de louer ces "locaux" pour le moins rudimentaires, se contentent d’un banc et d’un parasol sur les branches duquel ils peuvent entreposer des cigarettes, des cartes téléphoniques … des condoms (au Cameroun on ne dit pas préservatif ) etc.

Le commerce le plus prépondérant au Quat et sans doute le plus florissant est le bar. Alimenté tous les jours par les Brasseries du Cameroun, on y trouve des bières de fabrication locales, quelques références internationales et des softs locaux comme les sodas ultra sucrés et bourrés de colorants TOP (grenadine, citron, orange, champagne, ananas) ou Djino cocktail de fruits (Mon favoris lorsque j’étais plus jeune mais aujourd’hui le taux de sucre a du doubler tant il est devenu sirupeux). Il y servent aussi les classiques de Coca Cola Compagnie.

Plutôt discrets le jour, le bar et ses fidèles s’anime dès que le soleil rejoint sa tanière. Les bouteilles claques, la musique Bikusti résonne dans des baffles et certains habitués ont la hardiesse s’esquisser quelques pas de danses. Tout cela est plutôt enfant, il est extrêmement rare que ça tourne au vinaigre. Le bar est avant tout un lieu de rassemblement.

A proximité du bar se trouve très souvent la vendeuse de Poisson braisé et celle de beignets. Assises sur leur petits tabourets, elles s’affairent à l’aide d’éventails autour du petit réchaud destiné à accueillir tantôt une grille pour cuir au charbons ardents les morceaux de maquereau qui ont marinés toute la journée dans des aromates et l’indispensable cube Maggi; tantôt une friteuse en alu qui cajole les ronds de pâte à beignets que la femme dépose délicatement dans l’huile sans jamais se brûler. Elles sont ultra concentrées, donc le temps d’attente est plutôt raisonnable. Mais de temps à autre elles se laissent distraire par un client un peu éméché. Si c’est votre tour d’être servi, vous pouvez les rappeler efficacement à l’ordre par un "Asso c’est comment non ?".

Il existe  trois types de transports en commun pour circuler à Yaoundé : les taxis, les motos-taxi et le bus. Ce dernier moyen est encore à l’état très empirique. Les taxis sont nombreux et les normes de sécurité étant quasiment inexistantes, si on est prudent et si l’on souhaite un peu de confort, il vaut mieux prendre une "course". Le taxi vous dépose alors à la destination que vous lui avez indiqué sans prendre d’autres clients (comme ici). Cela a bien entendu un coût que vous fixerez avec le chauffeur : le client "propose" et le chauffeur dispose…Ou pas. Sinon le tarif réglementaire minimum est de 200 FCFA.

Les motos-taxis sont moins chers et a donc prisés des petites bourses. Présents uniquement dans quelques villes du Cameroun au départ, leur nombre a littéralement explosé (démographie oblige), au point que les autorités leur ont interdit l’accès du centre ville.  Il faut tout de même être un brin habitué de la chose ou casse-cou pour s’y aventurer, certains allant même jusqu’à prendre deux passagers.

Les Quat étant de plus en plus peuplé, les échanges entre les individus sont devenus au fil du temps quasi exclusivement commerciaux.

De plus le fossé entre les très riches et les très pauvres s’étant considérablement creusé, il est fréquent que de véritables châteaux côtoient des maisonnettes en terre battue proches de la ruine. Vous conviendrez que cela ne favorise pas les échanges.

Je pense que c’est la chose qui me peine le plus dans cette ville où il y a encore tant de choses à faire pour le mieux vivre ensemble. En attendant que les choses ailles mieux, la vie suit son cours dans les rues de Yaoundé, lentement, mais surement.

La prochaine fois je vous parlerai de Yaoundé la capitale, en partant du centre ville et ses principales artères. Vous verrez, c’est passionnant :)

Sankofa cry

Sankofa cry

* Nous sommes le cri de san ko fa qui dit que le passé le plus amère ne peut être ignoré. Léonora Miano

Je suis née à Yaoundé en 1979. Aussi anecdotique que cela puisse paraître, j’en tire une très grande fierté. La terre d’Afrique est parfois si aride que  cet héritage est pour beaucoup trop lourd à porter. Pour moi c’est différent. Loin d’être un sacerdoce, j’aborde mes origines comme un incroyable cadeau.

Il faut savoir d’où l’on vient non pas pour savoir où l’on va, mais pour être bien dans sa peau où que l’on soit, tout simplement.

L’Afrique a ses paradoxes, ses oxymores, ses métaphores, ses hyperboles, ses anaphores  et que sais-je encore. L’Afrique on l’aime ou on la quitte semblent nous dirent ceux qui y vivent au quotidien. Au début de ce court séjour j’ai eu du mal à comprendre cette philosophie que je prenais à tord pour une forme de fatalisme et de laxisme face aux problèmes qui minent nos sociétés.

Après 10 jours passés à Yaoundé je réalise que c’est eux qui ont raison.

Dresser la liste des choses qui ne vont pas c’est autant de temps passé à ne pas construire ce qu’il manque, et Dieu seul sait s’il en manque des choses !

La faute à qui : l’esclavage, la colonisation, la France-Afrique, les Africains eux-mêmes ? Un débat sans fin, je dirais même plus : un cercle vicieux.

Forte de cet héritage qui est le mien,  j’ai décidé d’apporter ma petite minuscule pierre à l’édifice africain. Cela prendra du temps et beaucoup d’énergie. Je lui dois bien ça.

Photos prises à Ngoumou (40 min de Yaoundé) le village de mes parents.

Qu’il soit fait clair pour tous que le passé ignoré confisque les lendemains

Goodbye Mamie !

*Léonora Miano, Les Aubes Écarlates, Plon 2009